Plus de 6 mois après ma demande initiale, j’ai enfin pu aller m’inscrire hier à l’Université de Nanterre.
Pourquoi ce fut si long ? parce qu’en France, on n’encourage pas vraiment la formation des adultes, voilà pourquoi.
J’ai fait une demande auprès de plusieurs Universités, on nous fait assister à des réunions ou on tente de nous décourager (merci la Sorbonne), on nous fait remplir des formulaires de demande qui se perdent dans les méandres d’une administration française vieillissante, et on répond bien péniblement aux questions.
Lorsque l’on est un adulte qui travaille, on est très peu informé sur les possibilités de formation continue, alors c’est un peu la pêche aux informations. Pour vous aider, le site officiel de la Validation des Acquis de l’Expérience est un bon départ.
La VAE, c’est quoi ? c’est un dispositif qui permet d’obtenir une certification, une équivalence de diplôme, sur la base d’une expérience professionnelle.
Pour ma part, je souhaite obtenir une Licence LEA (Langues Etrangères Appliquées). Ce n’est pas vraiment pour évoluer professionnellement, je ne me fais pas d’illusions, nous sommes dans un pays borné. Non, c’est plutôt un challenge personnel, j’ai besoin de projets pour ne pas m’encroûter.
J’ai passé la première étape du dossier de demande, que j’ai finalement déposé à Nanterre. Je voulais tenter la Sorbonne, mais c’est l’Univeristé dans laquelle on nous a le plus découragé, en nous faisant bien comprendre que nous n’étions absolument pas prioritaires, et qu’il manquait d’effectif pour traiter les dossiers de demande de formation continue. Donc j’oublie la Sorbonne, trop « vieille France étriquée ».
Ensuite, il faut attendre patiemment (très patiemment) l’acceptation du dossier. Ensuite, lorsque l’on a la chance que la société pour laquelle on travaille prenne en charge les frais, il faut à nouveau monter un dossier, à destination de l’organisme qui prendra en charge les frais. Combien de temps ? pour moi, 3 mois. Rien que ça.
Bref, je ne vais pas me plaindre, mon entreprise couvre les 1 040 euros de frais, je n’ai que les frais administratifs à ma charge. (170 euros), je précise que ces frais varient bien sûr d’une université à l’autre.
Et lorsque l’on reçoit la prise en charge, on peut enfin aller s’inscrire. C’est ce que j’ai fait hier, et cela fut épique.
Premièrement, l’Université de Nanterre est, il faut le dire, plutôt vieillote. Vieux bâtiments, pas d’indications. J’ai mis 20 minutes à trouver la salle des inscriptions de ma filière. M’attendant à y trouver de gentils fonctionnairres, je suis bien surprise de trouver derrière les box des étudiants machouillant leurs chewing gums et scotchés à leurs portables. Ce sont eux qui procèdent aux inscriptions. Super . J’ai juste l’impression de sortir l’étudiant devant lequel je me poste de sa sieste, et décide de ne pas m’énerver. Pas déjà quand même. Le gentil étudiant commence donc à regarder mon dossier et les pièces que j’ai apportées, et me demande à la fin lorsque tout est OK, mon « autorisation », que je n’ai pas puisque je ne sais même pas ce que c’est. « ah, ben il faut aller bâtiment F au bureau LEA pour l’obtenir ». Je ressort donc en direction dudit bureau. Fermé exceptionnellement. Je ne m’énerve toujours pas, j’appelle la personne avec qui j’ai été précédemment en contact au service formation continue et lui explique mon souci. Par chance, elle peut obtenir ce document et me demande donc de passer tout de suite au bâtiment M. A l’autre bout du campus. J’y vais. Récupère le document et retourne voir mon étudiant chéri, qui n’est pas dispo, donc je vais en voir un autre, qui a l’air totalement abruti, et je me rendrais compte par la suite que ce n’était pas qu’un air. Et on recommence. Je passe sur la lenteur avec laquelle mon dossier est établi bien sûr. Vient la question de la sécurité sociale, il me demande de choisir la sécurité étudiante que je veux, et je ne comprend pas puisque étant salariée, je ne suis pas concernée, mais il insiste alors je lui accorde le bénéfice du doute et choisit une option. J’obtiens un papier récapitulant le montant à payer, dans un autre bureau. Je suis étonnée par le montant (plus de 300 euros), mais me dirige tout de même vers le bureau pour régler la note. Je me pointe devant une jeune femme qui s’amuse avec son I Phone et cette histoire de sécurité me titillant, je lui repose la question. Elle me répond « ben non vous êtes pas concernée, il faut retourner au bureau A09, ils se sont trompés ». Allez, Simone, je retourne pour la troisième fois voir mon bovin, lui ré-explique et ce con a le culot de me dire « ah mais fallait le dire que vous êtes salariée », c’est juste écrit en première page de mon dossier mais bon, passons. Il me fait la fiche, avec le bon montant. Je retourne au bureau A02, je fais mon chèque et patiente au bout de la salle pour qu’on m’édite mon attestation de scolarité et ma carte d’étudiant. Je me dis, c’est bon. On me donne mon attestation, je vérifie les données et vois: filière LLCE langues et Culture du monde . hein ? Oui d’accord sauf que moi c’est LEA. Non, vous ne rêvez pas, je dois retourner dans ce putain de bureau A09, et là je commence à perdre patience, je me pointe devant l’autre abruti, lui montre la mention en première page de mon dossier: LEA. Ah oups, me dis-t-on. On me re-refait ma fiche et pour la dernière fois, au fond du bureau A02, on me donne enfin la bonne attestation et ma carte d’étudiant. La bonne.
Durée de l’opération: 2 heures et j’ai bien cru que j’allais abandonner.
Cela me laisse un peu perplexe et dubitative sur la suite des événements, j’espère ne pas avoir à être confrontée à ce bordel administratif pendant ma VAE…
En parlant de suite des événements, pour moi, cela va consister à monter un rapport, avec l’aide d’une accompagnatrice. Et de présenter ce rapport à un jury, à priori en juin, pour obtenir, ou pas, ma Licence.
En attendant, message aux universitaires : SORTEZ VOUS LES DOIGTS DU CUL BORDEL !!!!! (voilà, ça c’est dit)






































