Vous détestez votre boss ? Vous le trouvez au choix : incompétent, inefficace, tyrannique, surpayé ? Normal : les mauvais chefs sont toujours promus, presque jamais punis. La prime à lincompétence, cest furieusement tendance, à en croire une étude de chercheurs australiens de la Bond University (1) qui se sont penchés sur «le bad leadership» du monde de lentreprise.
Daccord, létude qui sera présentée ce week-end à Philadelphie lors de lassemblée annuelle du management (17 000 membres) est un peu légère : réalisée en ligne via un sondage auprès de 240 personnes. Mais elle viendra conforter ceux qui pensent, comme 64 % des sondés, qu «un mauvais chef nest pas sanctionné, voire plutôt récompensé de façon remarquable». Létude, qui estime que «comme pour le cancer, la meilleure alternative à la prévention est le dépistage précoce», en appelle au big boss «pour empêcher les plus autoritaires de gravir les échelons».
Sauf que. En plus dêtre parfois aussi mauvais que trop payés, pas moins de deux chefs sur cinq savèrent être des menteurs invétérés. Résultat dune enquête publiée, en début dannée cette fois, par la Florida State University (2). Réalisée auprès de 700 salariés, elle concluait notamment que : 23 % des plus gradés blâmaient les autres plutôt queux-mêmes ; 24 % envahissaient leur vie privée ; 27 % adoraient médire sur leurs troupes ; 39 % ne tenaient pas leurs promesses. Il vous reste donc une possibilité : profiter de la vie ou bosser encore plus et moins bien pour tenter dêtre promu.
Mais devenir un accroc du boulot a un revers : moins de sexe. Une très sérieuse étude, réalisée auprès de 32 000 personnes, par des chercheurs de luniversité de Göttingen (3), assure ainsi quun tiers des insatisfaits au lit reportent leur frustration en travaillant encore plus. Et 45 % de ceux qui ne font pas lamour se disent prêts à prendre plus de responsabilité dans leur travail. Question : des chercheurs vont-ils tenter de faire le lien entre les différentes études pour conclure que les chefs sont de gros frustrés ?
Source: Libération