
J’ai terminé de lire « Ensemble c’est tout » de Anna gavalda. J’avais déjà beaucoup apprécié les précédents livres de l’auteur, pour leur simplicité et leur authenticité. « Ensemble c’est tout » ne raconte rien dautre quune histoire damour. Une histoire damour entre quatre éclopés de la vie. Camille, Franck, Philibert et Paulette. Des bons à rien, des cabossés, des coeurs purs. Des gens comme vous et moi, qui ont des complexes, des craintes, des manies, des ratés, mais aussi des sentiments sincères et purs. L’écriture d’Anna Gavalda est simple et limpide, et pourtant ses mots et ses personnages nous séduisent immédiatement tant on se retrouve en eux.
Extrait:
Paulette Lestafier nétait pas si folle quon le disait. Bien sûr quelle reconnaissait les jours puisquelle navait plus que ça à faire désormais. Les compter, les attendre et les oublier. Elle savait très bien que cétait mercredi aujourdhui. Dailleurs elle était prête ! Elle avait mis son manteau, pris son panier et réuni ses coupons de réductions. Elle avait même entendu la voiture de la Yvonne au loin
Mais voilà, son chat était devant la porte, il avait faim et cest en se penchant pour reposer son bol quelle était tombée en se cognant la tête contre la première marche de lescalier.
Paulette Lestafier tombait souvent, mais cétait son secret. Il ne fallait pas en parler, à personne.
« À personne, tu mentends ? » se menaçait-elle en silence. « Ni à Yvonne, ni au médecin et encore moins à ton garçon
»
Il fallait se relever lentement, attendre que les objets redeviennent normaux, se frictionner avec du Synthol et cacher ces maudits bleus.
Les bleus de Paulette nétaient jamais bleus. Ils étaient jaunes, verts ou violacés et restaient longtemps sur son corps. Bien trop longtemps. Plusieurs mois quelquefois
Cétait difficile de les cacher. Les bonnes gens lui demandaient pourquoi elle shabillait toujours comme en plein hiver, pourquoi elle portait des bas et ne quittait jamais son gilet.
Le petit, surtout, la tourmentait avec ça :
Alors Mémé ? Cest quoi ce travail ? Enlève-moi tout ce bazar, tu vas crever de chaud !
Non, Paulette Lestafier nétait pas folle du tout. Elle savait que ses bleus énormes qui ne partaient jamais allaient lui causer bien des ennuis un jour
Elle savait comment finissent les vieilles femmes inutiles comme elle. Celles qui laissent venir le chiendent dans leur potager et se tiennent aux meubles pour ne pas tomber. Les vieilles qui narrivent pas à passer un fil dans le chas dune aiguille et ne se souviennent même plus de comment on monte le son du poste. Celles qui essayent tous les boutons de la télécommande et finissent par débrancher lappareil en pleurant de rage.
Des larmes minuscules et amères.
La tête dans les mains devant une télé morte.